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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 22:18

La Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) fait partie des ténors du jardin. Elle remplit l'air de son chant flûté, enrichi d'imitations et d'improvisations. L'espèce est facile à reconnaître: le mâle est coiffé d'un béret noir, et la femelle en porte un brun. Le couple fait son nid dans les buissons et les haies. Il élève le plus souvent deux couvées par an.

Contrairement à beaucoup d'autres espèces qui se raréfient, cette fauvette se porte bien. Il faut dire qu'elle s'adapte facilement au milieu urbain, pourvu qu'on y plante des arbustes sauvages indigènes qui lui offrent les insectes et les araignées dont elle se nourrit principalement. Dans les haies épineuses (aubépine, houx et prunellier sauvage), elle trouve même une protection efficace contre les fouines et les chats.

Les fauvettes à tête noire sont plutôt migratrices. Mais avec le climat qui se réchauffe, de plus en plus d'individus - surtout des mâles - deviennent sédentaires. Ils modifient alors leur régime alimentaire et recherchent les petits fruits des arbustes sauvages. La bonne nouvelle c'est qu'ils apprennent aussi à s'attaquer aux petites chenilles de la Pyrale du buis, ce papillon asiatique nouvellement arrivé dans nos régions et qui décime les buis. Bel exemple de résilience de la nature grâce à la biodiversité!

+ Station ornithologique suisse

Tailler hors-saison

La Charte des Jardins recommande de ne pas tailler les haiesdurant la période de nidification, c'est-à-dire entre mars et septembre. La taille de printemps et d'été risque bien sûr de terroriser les oiseaux et de détruire leurs couvées. Mais elle éclaircit aussi la végétation, et expose les oeufs et les oisillons aux prédateurs et à l'ardeur du soleil. De plus, si la canicule sévit, une taille estivale peut brûler les arbustes eux-mêmes, en exposant soudainement au soleil des parties végétales qui s'étaient adaptées à l'ombre. Même les thuyas peuvent en souffrir.

Si on taille en automne, on veillera à préserver les branches qui portent des petits fruits - merci pour les fauvettes à tête noires (et les autres oiseaux) qui choisissent de rester avec nous pour l'hiver.

Ver luisant

Le ver luisant (Lampyris noctiluca) est la femelle d'un coléoptère qui n'a ni ailes, ni carapace pour les protéger. Elle se déplace donc uniquement à pied et ne va pas très vite. Et c'est pour attirer son mâle (qui vole, lui) qu'elle produit sa petite lumière verte. Autant le dire tout de suite: incapable de voler, le ver luisant a de la peine à recoloniser un quartier d'où il a disparu...

Pour conserver des vers luisants dans les parcs et les jardins, il faut préserver des coins sauvages, éviter les pesticides et modérer l'éclairage. Il faut aussi que s'y trouvent des êtres encore plus lents qu'eux: les escargots. En effet, la larve du ver luisant (qui ressemble à sa mère en plus petit) est capable de dévorer un escargot dix fois plus gros qu'elle en quelques jours. Elle le paralyse auparavant avec son venin anesthésiant.

Pour observer la lumière des vers luisants, les meilleurs moments sont les nuits chaudes de juin, autour de 22-23 heures. On cherchera des petits points brillants verdâtres dans l'herbe et le bas des fourrés. On peut parfois revoir le même insecte lumineux - au même endroit - plusieurs nuits de suite.

+ Wikipedia

Loger dans un escargot

Il y a plus de 600 espèces d'abeilles sauvages en Suisse. Bien davantage que l'abeille domestique, ce sont elles qui pollinisent les plantes sauvages et les plantes cultivées. Le public a heureusement pris conscience de leur rôle: on vend un peu partout des petits hôtels pour favoriser leur reproduction. Or, il faut savoir que 80% des espèces d'abeilles sauvages nichent dans le sol, où elles forent des galeries dans la terre nue et tassée, ou dans les zones sablonneuses. Il y en a même qui déposent leurs oeufs dans des coquilles d'escargot vides, telle l'Osmie bicolore (osmia bicolor) qui mesure à peine 1 cm.

Les bonnes pratiques de la Charte des Jardins favorisent les abeilles sauvages: laisser fleurir une partie de la pelouse avant de la tondre pour leur offrir du nectar et du pollen; privilégier les plantes sauvages indigènes auxquelles elles se sont adaptées au cours de l'évolution; ne pas utiliser de pesticides et d'herbicides qui contaminent le sol dans lequel elles pondent leurs oeufs...

Reconnaître les abeilles sauvages -pdf

Hotspot Biodiversité

Hotspot est le bulletin d'information du Forum Biodiversité Suisse, issu de l'Académie suisse des sciences. Il paraît deux fois par an (en français et en allemand) et il est gratuit. Le dernier numéro est entièrement consacré aux jardins privés. Il montre que certains sont de vrais îlots de de survie pour la faune au milieu de l'espace urbain. Il explique aussi comment les jardins peuvent présenter une grande biodiversité avec leurs espèces sauvages, leurs plantes d’ornement, et leurs plantes potagères et fruitières - et sans qu’il soit nécessaire de renoncer à leurs qualités esthétiques.

Hotspot

Vie de la Charte

Lugano (TI)

La ville de Lugano (TI) a décidé d'adhérer à la Charte des Jardins (Charta dei Giardini) et de s'engager moralement à soutenir la biodiversité. La charte, qui est promue au Tessin par le WWF, entre tout à fait dans le projet Lugano al verde qui vise à valoriser le patrimoine naturel et à resserer les liens entre les citoyens et la nature.

Sept lieux publics arboreront prochainement l'emblème de la charte, dont le Parco del Tassino, le Parco San Michele et le Parco Seli. Pour chaque lieu, la ville a défini une liste d'aménagements et de techniques d'entretien favorables à la biodiversité: renoncement aux herbicides et aux pesticides chimiques, plantation d'espèces indigènes sauvages, tonte en mosaïque, amélioration de la perméabilité des allées à l'eau de pluie, etc.

www.lugano.ch

Orbe (VD)

En collaboration avec la Société d'apiculture de l'Orbe, l'association des Incroyables petits jardiniers, et le Groupe Charte des Jardins, la commune d'Orbe a inauguré un biotope pédagogique sur le Pré-Genevois. Sur cette parcelle de 1500 m2, on trouve désormais un verger, une prairie fleurie, un rucher participatif, un hôtel à insectes et des abris pour la faune. Les écoles et les associations locales pourront s'initier à l'apiculture, observer les petits animaux, et observer les bonnes pratiques de plantation et d'entretien qui favorisent la nature en ville. La commune d'Orbe a évidemment signé la charte pour soigner cette précieuse parcelle qui est ouverte à tous.

www.orbe.ch

Worben (BE)

Depuis plusieurs années, la Charte des Jardins compte un signataire emblématique dans le Seeland bernois: la Seeländische Wasserversorgung SWG (Entreprise de distribution d'eau du Seeland) qui fournit de l'eau potable à une quarantaine de communes situées au sud du Lac de Bienne. L'eau provient de deux nappes phréatiques et est filtrée naturellement par le sol. Elle ne reçoit pas d'autre traitement qu'une exposition à l'UV, afin de détruire d'éventuels microorganismes pathogènes.

La SWG respecte la Charte des Jardins sur trois de ses terrains situés sur la commune de Worben, où elle a son siège. Elle souligne ainsi la nécessité de maintenir des sols naturels et sains - sans pesticides ni herbicides - pour épurer efficacement les eaux de pluie qui s'infiltrent dans le terrain et qui reconstituent ainsi nos réserves d'eau potable.

www.swg-worben.ch

Ayent (VS)

La commune d'Ayent (VS) a mis un jardin à la disposition des élèves de l'école primaire. Leurs enseignants et des membres de l'association Le Rougegorge ont organisé les lieux et les activités pour que les enfants puissent s'adonner non seulement au jardinage biologique, mais aussi à des observations de sciences naturelles compatibles avec les objectifs du Programme d'Etudes Romand (PER). En plus du potager et des arbres fruitiers à haute tige, le jardin a reçu une haie d'arbustes indigènes, des nichoirs, un hôtel pour les abeilles sauvages, et une prairie fleurie. Les élèves s'y rendent deux fois par semaine. Au goûter, ils peuvent observer des papillons machaons tout en dégustant des pommes séchées produites dans ce jardin signataire de la charte. L'association Le Rougegorge organise aussi des sorties d'observation des oiseaux, ainsi que d'autres activités pour sensibiliser les habitants de la région à leur nature.

www.lerougegorge.ch

La Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) fait partie des ténors du jardin. Elle remplit l'air de son chant flûté, enrichi d'imitations et d'improvisations. L'espèce est facile à reconnaître: le mâle est coiffé d'un béret noir, et la femelle en porte un brun. Le couple fait son nid dans les buissons et les haies. Il élève le plus souvent deux couvées par an.

Contrairement à beaucoup d'autres espèces qui se raréfient, cette fauvette se porte bien. Il faut dire qu'elle s'adapte facilement au milieu urbain, pourvu qu'on y plante des arbustes sauvages indigènes qui lui offrent les insectes et les araignées dont elle se nourrit principalement. Dans les haies épineuses (aubépine, houx et prunellier sauvage), elle trouve même une protection efficace contre les fouines et les chats.

Les fauvettes à tête noire sont plutôt migratrices. Mais avec le climat qui se réchauffe, de plus en plus d'individus - surtout des mâles - deviennent sédentaires. Ils modifient alors leur régime alimentaire et recherchent les petits fruits des arbustes sauvages. La bonne nouvelle c'est qu'ils apprennent aussi à s'attaquer aux petites chenilles de la Pyrale du buis, ce papillon asiatique nouvellement arrivé dans nos régions et qui décime les buis. Bel exemple de résilience de la nature grâce à la biodiversité!

+ Station ornithologique suisse

Tailler hors-saison

La Charte des Jardins recommande de ne pas tailler les haiesdurant la période de nidification, c'est-à-dire entre mars et septembre. La taille de printemps et d'été risque bien sûr de terroriser les oiseaux et de détruire leurs couvées. Mais elle éclaircit aussi la végétation, et expose les oeufs et les oisillons aux prédateurs et à l'ardeur du soleil. De plus, si la canicule sévit, une taille estivale peut brûler les arbustes eux-mêmes, en exposant soudainement au soleil des parties végétales qui s'étaient adaptées à l'ombre. Même les thuyas peuvent en souffrir.

Si on taille en automne, on veillera à préserver les branches qui portent des petits fruits - merci pour les fauvettes à tête noires (et les autres oiseaux) qui choisissent de rester avec nous pour l'hiver.

Ver luisant

Le ver luisant (Lampyris noctiluca) est la femelle d'un coléoptère qui n'a ni ailes, ni carapace pour les protéger. Elle se déplace donc uniquement à pied et ne va pas très vite. Et c'est pour attirer son mâle (qui vole, lui) qu'elle produit sa petite lumière verte. Autant le dire tout de suite: incapable de voler, le ver luisant a de la peine à recoloniser un quartier d'où il a disparu...

Pour conserver des vers luisants dans les parcs et les jardins, il faut préserver des coins sauvages, éviter les pesticides et modérer l'éclairage. Il faut aussi que s'y trouvent des êtres encore plus lents qu'eux: les escargots. En effet, la larve du ver luisant (qui ressemble à sa mère en plus petit) est capable de dévorer un escargot dix fois plus gros qu'elle en quelques jours. Elle le paralyse auparavant avec son venin anesthésiant.

Pour observer la lumière des vers luisants, les meilleurs moments sont les nuits chaudes de juin, autour de 22-23 heures. On cherchera des petits points brillants verdâtres dans l'herbe et le bas des fourrés. On peut parfois revoir le même insecte lumineux - au même endroit - plusieurs nuits de suite.

+ Wikipedia

Loger dans un escargot

Il y a plus de 600 espèces d'abeilles sauvages en Suisse. Bien davantage que l'abeille domestique, ce sont elles qui pollinisent les plantes sauvages et les plantes cultivées. Le public a heureusement pris conscience de leur rôle: on vend un peu partout des petits hôtels pour favoriser leur reproduction. Or, il faut savoir que 80% des espèces d'abeilles sauvages nichent dans le sol, où elles forent des galeries dans la terre nue et tassée, ou dans les zones sablonneuses. Il y en a même qui déposent leurs oeufs dans des coquilles d'escargot vides, telle l'Osmie bicolore (osmia bicolor) qui mesure à peine 1 cm.

Les bonnes pratiques de la Charte des Jardins favorisent les abeilles sauvages: laisser fleurir une partie de la pelouse avant de la tondre pour leur offrir du nectar et du pollen; privilégier les plantes sauvages indigènes auxquelles elles se sont adaptées au cours de l'évolution; ne pas utiliser de pesticides et d'herbicides qui contaminent le sol dans lequel elles pondent leurs oeufs...

Reconnaître les abeilles sauvages -pdf

Hotspot Biodiversité

Hotspot est le bulletin d'information du Forum Biodiversité Suisse, issu de l'Académie suisse des sciences. Il paraît deux fois par an (en français et en allemand) et il est gratuit. Le dernier numéro est entièrement consacré aux jardins privés. Il montre que certains sont de vrais îlots de de survie pour la faune au milieu de l'espace urbain. Il explique aussi comment les jardins peuvent présenter une grande biodiversité avec leurs espèces sauvages, leurs plantes d’ornement, et leurs plantes potagères et fruitières - et sans qu’il soit nécessaire de renoncer à leurs qualités esthétiques.

Hotspot

Vie de la Charte

Lugano (TI)

La ville de Lugano (TI) a décidé d'adhérer à la Charte des Jardins (Charta dei Giardini) et de s'engager moralement à soutenir la biodiversité. La charte, qui est promue au Tessin par le WWF, entre tout à fait dans le projet Lugano al verde qui vise à valoriser le patrimoine naturel et à resserer les liens entre les citoyens et la nature.

Sept lieux publics arboreront prochainement l'emblème de la charte, dont le Parco del Tassino, le Parco San Michele et le Parco Seli. Pour chaque lieu, la ville a défini une liste d'aménagements et de techniques d'entretien favorables à la biodiversité: renoncement aux herbicides et aux pesticides chimiques, plantation d'espèces indigènes sauvages, tonte en mosaïque, amélioration de la perméabilité des allées à l'eau de pluie, etc.

www.lugano.ch

Orbe (VD)

En collaboration avec la Société d'apiculture de l'Orbe, l'association des Incroyables petits jardiniers, et le Groupe Charte des Jardins, la commune d'Orbe a inauguré un biotope pédagogique sur le Pré-Genevois. Sur cette parcelle de 1500 m2, on trouve désormais un verger, une prairie fleurie, un rucher participatif, un hôtel à insectes et des abris pour la faune. Les écoles et les associations locales pourront s'initier à l'apiculture, observer les petits animaux, et observer les bonnes pratiques de plantation et d'entretien qui favorisent la nature en ville. La commune d'Orbe a évidemment signé la charte pour soigner cette précieuse parcelle qui est ouverte à tous.

www.orbe.ch

Worben (BE)

Depuis plusieurs années, la Charte des Jardins compte un signataire emblématique dans le Seeland bernois: la Seeländische Wasserversorgung SWG (Entreprise de distribution d'eau du Seeland) qui fournit de l'eau potable à une quarantaine de communes situées au sud du Lac de Bienne. L'eau provient de deux nappes phréatiques et est filtrée naturellement par le sol. Elle ne reçoit pas d'autre traitement qu'une exposition à l'UV, afin de détruire d'éventuels microorganismes pathogènes.

La SWG respecte la Charte des Jardins sur trois de ses terrains situés sur la commune de Worben, où elle a son siège. Elle souligne ainsi la nécessité de maintenir des sols naturels et sains - sans pesticides ni herbicides - pour épurer efficacement les eaux de pluie qui s'infiltrent dans le terrain et qui reconstituent ainsi nos réserves d'eau potable.

www.swg-worben.ch

Ayent (VS)

La commune d'Ayent (VS) a mis un jardin à la disposition des élèves de l'école primaire. Leurs enseignants et des membres de l'association Le Rougegorge ont organisé les lieux et les activités pour que les enfants puissent s'adonner non seulement au jardinage biologique, mais aussi à des observations de sciences naturelles compatibles avec les objectifs du Programme d'Etudes Romand (PER). En plus du potager et des arbres fruitiers à haute tige, le jardin a reçu une haie d'arbustes indigènes, des nichoirs, un hôtel pour les abeilles sauvages, et une prairie fleurie. Les élèves s'y rendent deux fois par semaine. Au goûter, ils peuvent observer des papillons machaons tout en dégustant des pommes séchées produites dans ce jardin signataire de la charte. L'association Le Rougegorge organise aussi des sorties d'observation des oiseaux, ainsi que d'autres activités pour sensibiliser les habitants de la région à leur nature.

www.lerougegorge.ch

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Published by safa1986
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